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La Fabrique de l'Histoire de Camaret

 

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roman de Jean-Luc PÉRON

Denez Cadiou


Un Camarétois d'exception, né en 1984 et disparu en 1691

 

 

Vous lirez dans ces pages ce qu’il advient d’un gentil et heureux père de famille camarétois quand il s’avise de faire l’écrivain.

Avec lui, vous irez aux confins de la Nouvelle-France, de Trésigneau à Pen ar Yeun, dans l’effroyable tourbillon de la Clairière, au pays des Iroquois...

Vous le suivrez sur les traces du jeune pêcheur Tangi, du terrible mohawk Onònwara, du beau William – un œil bleu, un œil vert –, du saint Guillaume, du Puant...

Vous apprendrez de Gwenred, le druide du Toulinguet, qu’un livre peut être une porte, une déchirure dans la trame du temps et de l’espace. Et que... peut-être... Merlin...

Vous allez vivre des aventures. Rire. Trembler. C’est certain.

Mais attention ! Vous devez prendre un engagement avant de commencer la lecture de cet ouvrage : ne jamais ouvrir le Rideau plus que nécessaire. Dans le cas contraire, l’éditrice prévient qu’elle décline toute responsabilité quant aux conséquences. Notamment pour votre rapatriement.

Sortie : 11 septembre 2020 - 354 pages - 15 x 21 cm - Prix : 19 €

Points de vente locaux
 
  Camaret
    - Comptoir de la mer (quai Téphany)
    - U Express
    - La Fabrique de l'Histoire de Camaret (place St-Thomas) : jeudi à dimanche, 14 h - 18 h
  Crozon
    - Leclerc, espace culturel (ZAC du bourg)

Vente par correspondance
  19 € + frais d'envoi France 7 € = 26 € 

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L'auteur

 

Jean-Luc Péron est né à l’écriture en 2000 — et au monde en 1966.

Il consacre une part de son temps libre à la culture amérindienne (dont il est un spécialiste) et à la littérature fantastique. Épris de sa ville de Camaret, mû par son héritage celtique, il a réuni tous ses centres d’intérêt dans ce grand récit fantastique.

C’est son premier roman.

 

 

Un extrait...

 

Le grincement d’un arc que l’on bande. Le claquement
d’une corde qui se détend. Le sifflement d’une flèche filant
dans l’air. Le bruit de l’impact dans le sol. Le tout s’enchaî-
nant dans une seule et même seconde. William fit un bond
en arrière et se retrouva sur son derrière. Les yeux écar-
quillés, il battit vivement en retraite en s’aidant de ses
pieds et de ses mains. Sacré nom d’un chien ! Le trait
l’avait manqué de peu.

Un Indien se tenait près d’un buisson de kalmie. Il était
en train de faire glisser une nouvelle flèche hors de son
carquois dorsal pour l’ajuster sur le plat de son arc. Il n’y
aurait pas de seconde sommation. D’un bosquet de syco-
mores voisin surgirent d’autres guerriers. Des Hurons.

— Viens près de moi, Willy, murmura Louis.

— J’crois que j’me suis mal fait comprendre, reprit
Cloche-pied. Si vous voulez pas d’ma braquasse, ça vous
regarde. Allez à pied, sur les mains, à la nage, envolez-
vous, je m’en contrefous ! Dans tous les cas, vous m’laissez
les peaux. J’ai promis à mes invités d’leur faire goûter de
mon nectar d’la Caraïbe. M’est avis qu’il s’rait mal venu
d’les contrarier.

Rien n’aurait fait plus plaisir à Louis que de lui envoyer
son poing dans la figure pour lui faire avaler sa dernière
ratiche !

— À ce prix-là, je pense que tu pourrais au moins nous
faire cadeau des rames, maudite canaille !

La repartie de Louis déclencha chez Cloche-pied un rire
franc et gras qui ébranla les sédiments fangeux de son
bayou intérieur.

— Ha ! Ha ! Ha ! J’t’aime bien, mon gaillard ! T’as pas
froid aux yeux, toi ! Des rames ? T’en trouveras à l’inté-
rieur. Ha ! Ha ! Ha !

— Va les chercher, Willy. Je ne tiens pas à te laisser seul
avec ce vieux pendard.

William hésita, avant de se diriger vers la cabane.

— Dans l’coin à droite, moussaillon ! lui précisa Cloche-
pied.

William écarta la peau de loup mangée aux mites, et entra
dans l’infâme bicoque. Il fut accueilli par une odeur de
viande pourrie, mêlée à d’autres effluves plus difficilement
identifiables, mais tout aussi infectes.

 

 

[ Pouah ! Qu’est-ce que ça sent mauvais, tout à coup ! Une
véritable infection ! Ça vient probablement des toilettes. C’est
pas vrai !... Notre antique fosse septique refait des siennes. Il
ne manquait plus que ça ! Pourquoi ce genre de galère arrive
toujours le week-end ? Il faut que je pense à appeler le vidan-
geur lundi matin à la première heure.
]

 

 

Des rais de lumière vive et de poussière chargée de
particules étincelantes perçaient au travers les parois de
rondins. Dans cette clarté scarifiée, William repéra la prin-
cipale source de puanteur : un cuissot de cerf suspendu à
l’une des poutres du toit. La barbaque, qui lentement
glissait le long de l’os sous l’effet conjugué de la putréfac-
tion et de la pesanteur, avait été élue Terra Sancta par plu-
sieurs générations de mouches vrombissantes. Lesquelles
seraient bientôt rejointes par une nouvelle lignée en pleine
gestation larvaire.

Ça grouillait de vie dans la nurserie.

Retenant sa respiration, William fouilla du regard l’angle
de l’habitation, là où était supposé se trouver les rames.
Et, ô miracle, elles y étaient !

Au même instant, un gémissement plaintif détourna son
attention.

Ça venait de l’angle opposé de la cabane, illuminé par un
mince rayon cendreux. William plissa les yeux pour mieux
sonder l’obscurité. Au-delà de la grande table de bois,
encombrée de reliefs d’agapes peu ragoûtantes, il distingua
une paillasse recouverte d’une espèce de couverture sous
laquelle se devinait une forme indistincte.

Tout à coup, telles les pattes d’un crabe-araignée, des
doigts squelettiques agrippèrent le bord de l’étoffe et la
firent glisser lentement. Apparurent de longs cheveux
blancs, sales et clairsemés ; une paire d’yeux globuleux ;
un visage ratatiné et exsangue ; un cou plissé comme une
vieille chaussette ; des épaules nues, aux os saillants ; des
seins décatis.

— Une… une sorcière ! bredouilla William qui ne put
retenir plus longtemps sa respiration.

La bouffée d’air vicié qu’il inhala lui fit l’effet d’une gifle. Il
identifia aussitôt les remugles dissimulés sous le puissant
fumet du gigot gigotant : urine et excréments d’origine
humaine. Cloué sur place, comme si l’odeur nauséabonde
agissait à la façon d’un gaz paralysant, William observa
plus attentivement la vieille femme. Son nez avait été
sectionné. Un sort réservé aux épouses infidèles. Ses yeux
étaient d’un blanc laiteux comme ceux d’une aveugle. Ses
lèvres avaient disparu, proprement aspirées à l’intérieur de
sa bouche édentée.

La moribonde pointa sur le garçon un doigt décharné :

— Y’é là ! Y’é là ! ‘Eu-lui ki obsèv’ !

Il est là ! Il est là ! Celui-qui-Observe ! disait-elle dans son
grossier baragouin. William remarqua alors que le doigt
accusateur ne lui était pas directement adressé. Il eut
soudain la sensation d’une présence à ses côtés. Ça palpi-
tait comme un cœur qui bat. Il tourna la tête avec appré-
hension, le corps parcouru de frissons.

Rien.

Il tendit le bras.

Sa main balaya les rayons de lumière, provoquant un
vent de panique parmi les particules de poussière, mais ses
doigts ne rencontrèrent aucun obstacle.

 

 

[ Nom de Dieu ! C’était quoi, ça ? ]

 

 

Ce constat n’effaça aucunement son mauvais pressen-
timent. Il y avait une troisième personne dans ce gourbi
fétide, William en était convaincu. Il décida de ne pas y
rester une seconde de plus. Il fit volte-face et se rua vers la
sortie. Dans sa fuite précipitée, il se mangea en pleine face
le cuissot en décomposition.

Derrière lui, l’affreuse sorcière continuait à débagouler :

— Y’é là ! Y’é là ! ‘Eu-lui ki obsèv’ !

Quand William déboula sous le porche, il réalisa qu’il
avait oublié l’essentiel : les rames !

Prenant son courage à deux mains, ainsi qu’une bonne
goulée d’air frais, il s’en retourna les chercher. Quand il
ressortit au bout d’une poignée de secondes seulement,
enfin muni des précieux objets, il alla directement se
réfugier auprès de son père. Une supplique se lisait dans
son regard agrandi par la peur : Je t’en supplie, papa,
foutons vite le camp d’ici.

 

 

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